30 janvier 2006
Elimination de lEquipe Nationale du Maroc
L'équipe du Maroc a été éliminé au premier tour de la coupe d'Afrique
grâce aux décisions judicieuses de la Fédération Royale Marocaine du
Football.
La fédération a fait un travail de Hercule qui a abouti à
la meilleure participation de l'équipe nationale depuis des annèes, ce
travail peut être résumé comme suit :
- une politique claire dans le choix du staff technique,
- un scénario digne de hitchcok pour la préparation,
-
des mesures d'assainissement du football qui ont donnè les premiers
fruits durant le choix du pays Africain pour l'organisation de la coupe
du Monde.
Après ces mesures qu'est ce qu'on peut attendre de notre participation à la CAN 2006?
Une
seule chose la défaite de l'Egypte face à la Côte d'Ivoire, et la
défaillance de l'équipe de Libye, on a priè en vain pour que ce rêve se
réalise!!!
Attendons encore des annèes pour re-dire la même chose
sur les ondes de la radio et à la télé et dans les différents journaux
du Maroc : critiquer messieurs mais nous les membres de la fédération
on y et on compte pas quitter nos postes jusqu'à ce que le Maroc soit
le dernier du classement de la FIFA!! On ne bougera pas BKHITO OULA
KRHTOU!!!
A QUAND L'INSTANCE VERITE SUR LE FOOTBALL NATIONAL ET LE SPORT EN GENERAL....
29 janvier 2006
UN TEXTE INTERESSANT D'Abraham Serfaty : culture et progres scientifique/Paru dans la revue Souffles N°13-14 1969
Les événements de mai 1968 en France ont fait nettement éclater, dans la Société capitaliste, l'antagonisme entre deux attitudes de l'Homme, entre deux démarches «culturelles». Avoir sa tête «dans les étoiles», ou chez «Control Data» résume parfaitement cet antagonisme.
A vrai dire, il n'est pas spécifique au mouvement de Mai français. Le même antagonisme se retrouve chez le paysan vietnamien qui doit garder «la tête dans les étoiles» pour abattre, avec un vieux fusil, ou même à l'arbalète, l'hélicoptère américain ultra-moderne, dont le pilote n'a lui, plus de tête, mais qui n'est plus qu'un rouage d'une organisation dont la tête est bien, effectivement, chez «Control Data».
Mais le paysan vietnamien, de même que le commando palestinien, préfigure, et autrement que le spécialiste à tête froide de l'entreprise américaine, l'homme de demain.
La société future sera une Société de créateurs ou ne sera pas. Les développements déjà possibles de l'automation permettent de le préciser. Pour qu'une telle Société se développe, il n'est pas possible d'écraser les hommes pour les soumettre, impuissants et aliénés, aux verdicts de quelques élites ayant l'accès à la Science et à la Technique. Les mouvements actuels du monde permettent de prévoir que cette forme avancée de Société esclavagiste sera rejetée.
Le temps prévu par Marx où l'humanité pourra reconquérir le «travail vivant», le travail créateur, arrive à maturité.
Cette Société, cet épanouissement de l'homme dans et par le travail créateur implique un bouleversement de l'ensemble des structures et des concepts du monde capitaliste.
Ici, il faut clarifier la méthodologie d'approche d'une telle conclusion. La société capitaliste a sa logique interne. Elle a sa rationalité. Pris à l'intérieur de cette «mécanique rationnelle», il n'est pas possible d'en critiquer une partie en conservant les autres. Ainsi, la nationalisation des moyens de production ne permet pas de fonder le socialisme si l'ensemble de ces structures et concepts n'est pas remis en cause.
Le capitalisme réduit l'homme à l'état d'objet. Le développement de l'automation rend claire cette réduction, puisque, à la limite, l'homme-chair est remplacé par l'objet matériel.
Toutefois, comme il ne serait pas possible de parquer matériellement ces hommes dans d'immenses «réserves» d'un nouveau genre, ces «réserves» se développent d'une façon moins avouée.
Au fur et à mesure que les grandes firmes développent leur emprise, directe et indirecte, sur le marché mondial capitaliste, elles refoulent de nouvelles zones de misère. Ainsi, le renforcement, ici, et dans le cadre du plan quinquennal, d'un secteur «d'agriculteurs dynamiques» vient développer le secteur dit «moderne», enclave de ce marché mondial, en refoulant la masse des agriculteurs plus loin encore dans la nuit de la misère.
Pris ainsi à l'échelle mondiale,
des secteurs entiers du monde capitaliste peuvent développer leur
rationalité interne sans contradiction apparente, et avec une efficacité
d'autant plus accrue qu'elle ignore délibérément le
développement de ces zones de misère, quand elle ne les organise
pas.
A l'intérieur de ces secteurs, et jusque
et y compris la vie quotidienne qui en forme l'environnement, il est possible
et même logique de penser que «la totalité est la vérité»,
mais en même temps, «cette totalité est fausse».(15)
Les événements de mai en France ont montré que la prise de conscience, encore diffuse certes, mais vivante, du mensonge de cette totalité peut exister dans la classe ouvrière d'un pays capitaliste avancé.
La remise en cause de cette totalité est également nécessaire pour !es peuples des pays sous-développés qui ont à élaborer le modèle de la société future vers laquelle orienter leurs luttes.
Nous ne pouvons ici, qu'évoquer quelques
points de repère dans cette élaboration, qui doit être
en même temps, et nécessairement, une négation de cette
fausse totalité.
Dans le domaine économique
L'épanouissement créateur des hommes est contraire aux concepts de la hiérarchie et de l'autorité dans l'entreprise capitaliste.
L'émergence des nouvelles techniques qui soient autre chose qu'amélioration des techniques existantes, et qui sont, par là même, les plus porteuses de progrès, ne peut se faire que par négation du présent, par des démarches culturelles et intellectuelles radicalement contraires à la démarche positiviste.
Ajoutons qu'à ce stade de la création, la démarche déductive des mathématiques, et par conséquent de l'ordinateur, n'est qu'accessoire. Pour préciser, notons que le calcul économique, qui est présenté comme une panacée, n'est possible qu'à partir de données concrètes et acquises. Les mêmes données s'extraient de l'environnement par un choix, conscient ou inconscient, des hommes. Elles s'élaborent et se modifient en fonction de l'effort intellectuel de ces hommes, effort qui est lui-même conditionné par une prescience, claire ou diffuse, de l'objectif et d'un choix. Au stade où le calcul économique devient possible, les choix sont déjà largement orientés et prédéterminés.
D'où l'importance des choix c stratégiques» qui, au niveau d'une nation, deviennent des choix «politiques».
L'appréciation des potentiels de progrès en vue des décisions «stratégiques» échappe également à la démarche positiviste et capitalistique.
C'est ce qui a fait écrire à
des auteurs étudiant le comportement des directions des firmes capitalistes:
«Concevoir une stratégie qui
soit optimale est un défi à l'intelligence qui est simplement
hors de portée des capacités de la plupart des dirigeants
efficaces».(16)
Si dans la Société capitaliste développée, ces structures et ce cadre culturel freinent et détournent, mais n'arrêtent pas complètement l'effort des hommes vers le progrès, ces structures et concepts deviennent des blocages décisifs en Société sous-développée. Dans une telle Société, tout progrès implique un rejet du présent, une mise en question des structures et des cultures héritées de la période coloniale.
Dans le domaine de l'enseignement
L'enseignement hérité du capitalisme décadent, mais dont les concepts de base remontent jusqu'à l'Académie platonicienne, ne prépare pas les hommes à la création. Au contraire, dès l'enfance, et tout au long de la scolarité, il brise les personnalités. La Culture acquise y est contemplative de l'évolution du passé, la structure autoritaire.
La coupure des systèmes d'enseignement avec la pratique est la conséquence la plus dramatique de ces conceptions.(*2)
Dans le domaine culturel
a) Il nous faut nous arrêter d'abord
sur la conception et le rôle de l'homme dans le monde capitaliste,
opposé à l'homme de la Société de créateurs.
La morale de la création scientifique
a été admirablement résumée par le grand savant
anglais J.D. Bernai: (17)
«En science les hommes ont appris consciemment à se subordonner eux-mêmes à un objectif commun sans perdre l'individualité de leurs réalisations. Chacun sait que son travail repose sur celui de ses prédécesseurs et de ses collègues, et qu'il ne peut porter ses fruits qu'à travers le travail de ses successeurs. En science, les hommes collaborent, non parce qu'ils sont forcés par une autorité supérieure, ou parce qu'ils suivent aveuglément quelque chef choisi, mais parce qu'ils réalisent que c'est seulement dans cette collaboration volontaire que l'homme peut atteindre un but. Non des ordres, mais des avis déterminent l'action. Chaque homme sait que c'est seulement grâce aux avis, donnés honnêtement et de façon désintéressée, que son travail peut réussir, parce que de tels avis expriment d'aussi près que possible la logique inexorable du monde matériel, du fait têtu. Les faits ne peuvent être pliés à nos désirs, et la liberté vient de l'acceptation de cette nécessité et non de prétendre l'ignorer.»
Si l'action des hommes sur les faits pour transformer la nature, n'est possible qu'à partir de la prise en considération de la réalité de ces faits, mais encore une fois, saisis dans leurs structurations, leurs contradictions, et les potentiels de changement en résultant sur lesquels les hommes peuvent agir, notons que la morale de la création scientifique ainsi rappelée par Bernai, se situe à l'opposé de la morale tournée vers l'intérêt matériel et de la philosophie individualiste du monde capitaliste.
Par contre, la morale de l'Homme nouveau, surgit, magnifique, du combat libérateur.
Ecoutons Mahmoud Darwich, emprisonné en Palestine occupée:
«Ma patrie!
Le fer de mes chaînes m'enseigne
La violence des aigles
Et la douceur de l'optimiste.
Je ne savais point que sous nos peaux
Il y eut une tempête...
Et une noce de ruisseaux
Ils m'ont privé de lumière dans une geôle
Mais dans mon coeur resplendit
Un soleil en flambeaux!»
Ce n'est pas la morale seule qui doit se situer à un plan qualitativement supérieur et essentiellement différent. Il doit en être de même de la Raison.
Nous avons évoqué les fluctuations qu'ont traversés le concept de Raison et la philosophie de la connaissance à travers l'histoire du capitalisme. Déjà on perçoit, dans ces fluctuations, une lutte, à ce niveau, tendant à refouler par la Raison mécaniste et déterminante, la démarche sensible, l'ouverture à l'environnement humain et naturel. Ou tout au moins la Raison bourgeoise ne l'admet-elle que filtré et canalisé vers l'intérêt immédiat. L'ouverture plus profonde est laissée aux poètes, à la culture «littéraire» dont C.P. Snow soulignait la dichotomie avec la culture scientifique.
L'intelligence «dévoyée» dont parlait E. Faure à propos de la Florence des Médicis est celle du monde capitaliste. Elle est en fait, celle de toute société basée sur l'exploitation de l'homme par l'homme.
La réaction, présentée comme mystique et obscurantiste, à la Raison des classes dominantes et exploiteuses, traduit au fond la colère du peuple devant une structure sociale qui s'écarte radicalement clé l'idéal de justice dont il est imbu, et aussi devant les «philosophes» de cour. Tel est, contre l'histoire bourgeoise, le sens profond de la révolte d'un Savonarole à Florence. Tel est le sens profond du mouvement Almohade se réclamant d'Al Ghazali et de l'enseignement initial de l'Islam.
La Société à créer, la Raison nouvelle en voie d'émergence, la Raison des créateurs de cette Société doit mettre fin à cette dichotomie millénaire. Elle doit intégrer, y compris dans le vocabulaire, «rationnel» et «sensible».
La création, y compris la création scientifique, plonge dans le sensible, ou plutôt elle émerge du sensible. Il en est ainsi, immédiatement, au niveau de la démarche révolutionnaire. Tout révolutionnaire est un créateur, et comment être révolutionnaire sans que d'abord «cela vous sorte des tripes!» En sens inverse tout créateur est un révolutionnaire. Comment créer sans révolutionner le présent? Créer, c'est faire surgir le non-être, c'est nier le présent.
Marx écrivait, de la méthode dialectique qu'il avait «remise sur les pieds»:
«Sous son aspect rationnel, elle est un scandale et une abomination pour les classes dirigeantes et leurs idéologues doctrinaires, parce que dans la conception positive des choses existantes, elle inclut du même coup l'intelligence de leur négation fatale, de leur destruction nécessaire, parce que, saisissant le mouvement même dont toute forme faite n'est qu'une configuration transitoire, rien ne saurait lui en imposer; parce qu'elle est essentiellement critique et révolutionnaire».(18)
La «Raison» bourgeoise ne peut être révolutionnaire. C'est pourquoi la création ne peut s'apprendre chez Control Data. Si nous remontons à ceux que la «culture occidentale» proclame comme inventeurs de la Raison, les philosophes de la Grèce Antique, ils ont été, pour les plus illustres d'entre eux, à savoir Platon et Aristote, les théoriciens de la Société esclavagiste grecque.
Dans une très belle étude où il démystifie le «miracle grec», J.P. Vernant écrit de la pensée grecque qu'elle est:
«D'une part le rejet, dans l'explication des phénomènes, du surnaturel et du merveilleux; d'autre part la rupture avec la logique de l'ambivalence, la recherche, dans le discours, d'une cohérence interne, par une définition rigoureuse des concepts, une nette délimitation des plans du réel, une stricte observance du principe d'identité».(19)
Nous retrouvons là, intactes, les démarches profondes de la «Raison» bourgeoise. «L'ambivalence» que la culture occidentale reproche à la culture arabe peut être autrement plus porteuse de créativité que le formalisme issu des grecs.
La Raison révolutionnaire, la Raison créatrice et dialectique a été élaborée par le marxisme comme «négation» de la philosophie, qui permettait, dans la lignée des grecs, «d'agir de façon positive, réfléchie, méthodique, sur les hommes, non de transformer la nature».(19)
Ici encore il faut s'élever contre les déformations positivistes et mécanistes du marxisme. Il n'y a pas lieu de s'étonner qu'un tel phénomène se soit produit dans une Société européenne imprégnée de ces concepts de la Raison. Réjouissons-nous que les contradictions résultant du développement de cette Société y fasse éclater la vérité du marxisme.
En ce qui nous concerne, le chemin vers cette vérité peut être plus court. La structuration de l'exploitation est moins profonde, même si elle est plus brutale. Au plan culturel, les couches exploiteuses ne disposent que d'un mélange bâtard d'éveil des formes obscurantistes du passé et de placage des formes les plus dégénérées de la Culture Occidentale.
Dans l'héritage de la Culture Nationale se retrouvent par ailleurs des racines profondes d'aspiration à la justice et de formes de pensée qui pourront s'épanouir dans une synthèse créatrice avec la philosophie du socialisme scientifique.
Par contre, le retournement des structures et des concepts de la phase coloniale et néo-coloniale est un impératif. Ici plus qu'ailleurs, dans tous les domaines, culturels, économiques, techniques même, de pensée politique et sociale, il n'y a de création que révolutionnaire.
Ceci ne signifie pas que cette création soit plus longue ou plus difficile. Il est vrai que les esprits formés chez «Control Data» ne peuvent comprendre des principes de logique, mais de logique dialectique, comme l'unité des contraires. Par contre, le paysan marocain qui n'a pas subi cette formation, vient d'expérimenter dans la pratique comment les prélèvements de l'Etat peuvent transformer une année de bonne récolte en son contraire.
Ces approches nous permettent ainsi de mieux
poser le problème d'une Culture Nationale correspondant à
l'effort de construction de cette Société nouvelle.
III. VERS UNE NOUVELLE CULTURE NATIONALE
L'émergence des pays sous-développés ne peut se faire que par la mise en mouvement de l'ensemble des énergies créatrices de la nation.
Comme nous l'avons dit, les blocages sont tels qu'il ne peut y avoir de demi-mesure. Par contre, la seule voie en avant possible étant celle qui ouvre d'emblée la route vers la Société future, vers la Société de créateurs, la route à parcourir, une fois cette voie prise, peut être plus courte, si la conscience de l'objectif stratégique et des implications qu'il comporte est claire.
Cette conscience claire ne peut s'atteindre, et elle doit être atteinte par l'ensemble de la nation, que par une démarche spécifique aux conditions spécifiques de celle-ci, et particulièrement spécifique à son cadre culturel.
Dans ce sens, seraient également fausses les tentations d'appliquer mécaniquement l'acquis extérieur du marxisme ou de remettre en valeur le cadre culturel du passé sans l'enrichir par ce qui est la méthodologie du mouvement vers cette Société future.
1) Faux par rapport à l'essence du marxisme, nous en avons donné quelques indications dans la troisième partie.
Si nous essayons de résumer cette essence, sans nous cacher la difficulté d'une telle tentative, nous parvenons aux points suivants:
a) Le marxisme met fin à la dualité Raison-Nature en les intégrant dans leur unité dialectique.
b) Cette unité se situe elle-même dans le cadre structurel global, dans la totalité sociale.
c) Cette totalité n'est pas un ensemble statique, mais en mouvement, le mouvement provenant et provoquant à la fois des contradictions propres à cet ensemble. Le déséquilibre n'est plus alors perçu comme élément anormal, ou seulement admis comme inéluctable, mais considéré comme l'essence même du progrès, lorsqu'il est maîtrisé par les hommes.
d) Le rôle des hommes, partie de cet ensemble social, lorsqu'ils passent, grâce à la conscience acquise des lois du mouvement, du règne de la nécessité à celui de la liberté, est d'agir consciemment sur ces Contradictions pour provoquer le passage à un nouvel ensemble, à un nouveau cadre structurel tout aussi provisoire que le précédent, du fait des nouvelles contradictions apparentes ou latentes qu'il comporte, mais qualitativement supérieur, parce que la dialectique Ràison-Nature y atteint un stade nouveau, supérieur au précédent au sens de contenant ce précédent tout en le dépassant.
L'action consciente des hommes vers le progrès ne peut donc se faire que dans l'ensemble social et culturel auquel ils appartiennent, et à partir de cet ensemble.
Notons que si le passage du capitalisme au socialisme est, en tant que changement social, essentiellement radical par rapport au mouvement antérieur et ultérieur de la société, c'est parce que, ne pouvant se réaliser et se développer que par l'action consciente de la grande masse des opprimés, il implique pour se faire, se développer, et se structurer, que se forme, à l'échelle sociale un Homme nouveau, radicalement différent de celui forgé par des millénaires d'exploitation de l'Homme par l'Homme.
2) La marche vers la Société de créateurs peut, en pays arabe, s'appuyer sur des bases culturelles qui placent au premier plan les préoccupations:
- de l'Homme total
- de l'Homme se réalisant dans la Totalité sociale.
Sur l'Homme total, la vie de Moliammed et de ses successeurs immédiats est déjà une illustration que viennent renforcer les nombreuses recommandations du Prophète sur le comportement du Croyant, telles que:
«Le meilleur d'entre nous est celui qui ne renonce pas à la vie future au profit de la vie présente, ni à la vie présente au proflt de la vie future».
Mais l'Homme ne peut ainsi se réaliser que dans le cadre de la Communauté, la Umma, une Communauté basée sur la justice et l'égalité.
Les distorsions ultérieures aux premiers Khalifes et la structuration, même partielle, du monde arabe sous l'égide de classes exploiteuses ont entraîné la dilution de ces principes.
Dans la mesure, et c'est le cas, où la dichotomie entre Homo faber et Homo sapiens s'y est affirmée, il n'y a pas à s'étonner de retrouver les mêmes dichotomies culturelles que celles que nous avons critiquées dans la Culture Occidentale.
Aussi la critique de la période historique qui a vu briller de tout son éclat la Civilisation arabe, et où l'intellectuel arabe contemporain recherche tout naturellement un passé, ne peut être menée sans une désaliénation préalable par rapport aux concepts de la Culture Occidentale.
L'opposition, constante dans l'analyse historique de la Culture arabe, entre les deux courants baptisés «Rationaliste» et «Mystique», tend, sous l'égide des orientalistes occidentaux et de leurs élèves arabes, à privilégier le premier courant par rapport au second, ce qui entraîne, une fois de plus, l'intellectuel arabe à se couper des aspirations profondes de son peuple et à rejeter celui-ci dans les bras des réactionnaires obscurantistes.
Les armes de la critique et de la théorie
qui permettent de démystifier la Culture Occidentale, qui permettent
de construire une Raison nouvelle, sont également nécessaires
pour mener cette critique constructive de la Culture arabe et jeter les
bases d'une Culture nouvelle et d'une Société nouvelle qui
pourront, nous l'avons vu, réaliser l'enseignement fondamental de
l'Islam, enseignement qui est toujours vivant au coeur des masses.
3) La construction de cette Raison nouvelle
peut d'ailleurs s'appuyer sur les démarches «pré-dialectiques»
qui imprègnent la culture arabe et dont deux ouvrages récents
portent tcmoignage.(20 et 21)
L'analyse du plus important de ces ouvrages «L'idéologie arabe contemporaine», de A. Laroui, est, à ce sujet, riche d'enseignements, autant par les apports d'une recherche extrêmement riche que par ses limites.
Si nous essayons de prolonger cette recherche à la lumière des moyens que la présente étude a pu préciser nous devons tout d'abord noter la faiblesse principale d'une analyse de types sociologiques au niveau de «l'élite» sans qa'en apparaissent les raisons provenant de la structure sociale et du mouvement de la pratique sociale.
Nous reviendrons, in fine, sur ce point, parce que seul, il permet le dépassement des Contradictions qui ont limité la réflexion de Laroui.
Celles-ci proviennent à notre avis de deux raisons:
1) La critique de la Culture Occidentale, assimilée à la poursuite de l'efficacité, n'a pas été perçue.
2) Le marxisme n'est apparu à Laroui que par sa déformation positiviste.
Nous pensons avoir posé ici quelques jalons supplémentaires à une réflexion qui permettrait de dépasser ces difficultés.
Comment alors, ne pas approuver Laroui lorsqu'il écrit dans ce qui devient une ouverture vers l'avenir:
«La dialectique et seulement la dialectique peut expliquer et dépasser l'opposition persistante entre technophilie et appel à l'authenticité. L'Etat National peut, en l'adoptant, mettre fin à la dualité du faire et du comprendre, il peut continuer à agir et commencer à se connaître. Plus.encore, l'analyse du marxisme objectif sera par la même occasion justifiée puisque ce sera la critique d'un marxisme positiviste par un autre, dialectique».
Mais pour permettre ce dépassement, il faut aller plus loin dans la démystification, plus loin que nous ne l'avons nous-même esquissé ici. La Raison, posée comme «Non-Moi», telle qu'elle a été façonnée par la Culture Occidentale, telle qu'elle reparaît dans certains travaux de la philosophie arabe imprégnée d'Aristote, doit être critiquée en profondeur.
Ce que Laroui appelle «la dialectique» et qui est pour nous un marxisme vivant, intégré à la réalité nationale et vivifiant sa réalité culturelle tout en étant vivifié par elle, ne peut être ainsi réduite:
«La dialectique, en tant que dépassement postulé par l'histoire de la contradiction présente, ne remplit-elle pas le même rôle? Elle reconnaît en effet la supériorité historique du Non-Moi (l'Occident), elle lui donne raison mais en dépassant sa forme positive passagère. Quant au Moi, sensible au coeur, hypostasié dans le dogme, la culture ou la langue, la négation le dissout et nous amène à nous déprendre de sa fascination. Il ne suffit donc nullement de savoir que notre situation exige la dialectique; il faut encore se demander si elle n'exige pas une vision de celle-ci qui en fait une thérapeutique plus qu'une méthode logique».
Parler de «thérapeutique» ne témoigne pas seulement d'une étrange déformation de la dialectique, mais finalement d'un mépris du Moi. Ce mépris provient de l'aliénation devant le «Non-Moi», c'est-à-dire la Culture Occidentale.
Nous avons tenté de démontrer en quoi cette Culture est dépassée, pourquoi elle est antinomique à la Raison et à la Culture de la Société future.
Si le «Moi», en tant que sensibilité,
que Culture Nationale, se pose en négation de ce «non-Moi»,
la synthèse dialectique, la «négation de la négation»,
ne se résout pas non plus par une simple négation du «Moi»
par une dissolution de la culture qui ne deviendrait en effet qu'une thérapeutique
pour se dissoudre dans la Culture Occidentale.
Elle ne peut être non plus une simple
juxtaposition de l'économique et du mystique comme Laroui l'envisage
également. «L'économique» étant démystifié,
et ceci reste à faire,(*3)
la valeur du sensible reprend toute sa force non plus comme repli, mais
en vue de créer l'Homme nouveau, l'Homme créateur.
Citons ici un texte qui montre toute la complexité et la richesse de cette démarche:
«Ainsi l'éclatement dialectique des formes présentes, comme surgissement des formes encore absentes, active le caractère inadéquat du niveau formel déjà atteint, pour tendre jusqu'à la possibilité la plus approchée possible, jusqu'à une possibilité plus adéquate, plus profondément encore jusqu'à la possibilité utopique d'un tout qui soit total, c'est-à-dire totalement adéquat. S'il est vrai que cet éclatement possède, dans le passé comme dans le présent, un très riche ensemble de ramifications, de médiations et de détermination, le processus dialectique ainsi considéré se situe cependant dans l'horizon de l'avenir; il est originairement déterminé par le possible objectif réel».(22)
A ce point, il n'est pas possible de poursuivre plus loin la réflexion théorique. La Raison démystifiée par rapport à la Culture Occidentale est une Raison liée à la pratique. Avoir «la tête dans les étoiles», implique, à l'image d'Antée, de garder contact avec la Terre. Autrement dit, cet Homme nouveau, cette Culture nouvelle, le processus même de la synthèse dialectique qui y conduit, ne petit être élaboré dans la théorie pure.
Le rôle nécessaire de la réflexion théorique est de lever les blocages à l'initiative créatrice des hommes. Mais cette initiative créatrice se manifeste au sein même de l'action et de la pratique sociales. Dans le monde arabe, comme de plus en plus dans le monde, l'action révolutionnaire a déjà démystifié la «supériorité historique» de l'Occident. Cette action et cette pratique sociales sont déjà en train de créer l'Homme nouveau.
26 janvier 2006
Justice pour Saddam
Pourquoi les juges ont-ils commencé par instruire le massacre du village de Doujaïl?
Parce
que dans cette affaire, il n'y a pas d'implication occidentale, c'est une affaire Irako-Irakienne. Pas de risque que l'on mentionne le nom de
Rumsfeld (l'actuel secrétaire américain à la Défense) par exemple. Cela
dit, que peut-on lui reprocher sur cette affaire? Est-ce que Moubarak
(le président égyptien), le roi de Jordanie, le président Bush n'auraient pas réagi de la sorte si on voulait les tuer : le père de Bush a bombardé l'Irak, et la Libye pour le même motif!!!
Je ne défends pas Saddam, loin de là, c'était un dictateur notoire qui a sacrifiè son peuple pour des causes perdues d'avance : la guerre contre l'Iran sa première grande bétise, suivie de la connerie de sa vie Envahir le Koweit!!!
Saddam est un dictateur et ça c'est une évidence, mais ne pas donner son avis sur la pièce de thèatre qu'on joue devant les téléspectateurs du Monde entier c'est accepté la manipulation et les mises en scènes dignes des grands films américains.
Le massacre de Doujail est un crime, mais minime par rapport au registre des crimes de Saddam..Mais le juger devant des millions de télèspectateurs c'est lui donner une légitimitè et renforcer l'impre'ssion que les Américains s'enfoncent dans une guerre sans issue sauf peut être quitter l'Irak et le laisser dans une guerre civile qui va aggraver l'état primaire que la population vit.
Oui à la justice, mais à une justice basèe sur un droit.
Saddam doit être relaxè ainsi que les autres membres de son parti!! mais pourquoi?
Pour les raisons suivantes
1/ il l'a fait de l'Irak - et malgrè tous ces crimes - un grand pays où le taux d'analphabitisation avoisine le zèro,
2/ Il a développè un système de santè irrèprochable,
3/ les universitès Irakiennes ont produits des recherches de qualitè, et des grandes èlites,
4/ enfin, il a commencè à développer une économie nationale sur de bonnes bases!!
Saddam est fou, tout le monde le sait, il est malade à l'instar de Hitler, de Moussoulini , et de quelques chefs d'état arabes!!!
Le défendre ce n'est pas défendre son bilan marquè par des crimes, mais défendre une idèe qui s'appelle justice dans la dignité!!
Le juger c'est jugè les américains, les français, et les britanniques qui lui ont donnè les moyens pour commettre tant de crimes, et qui ont fermè les yeux sur son règne.
Demain on va juger le président Syrien pour d'autres motifs et on va continuer à applaudir!!
21 janvier 2006
Point de Vue de Charlie Chaplin l'artiste
LETTRE DE G. Lison à Charlie Chaplin
Cher Monsieur Chaplin,
C'est pour moi un grand honneur d'écrire à un des plus grands réalisateurs de son siècle et à un self-made man.
Je ne connais de vous que ce que vos merveilleux films m'ont montré et ce que divers documentaires m'ont appris.
Je vous félicite pour votre grand courage pour votre film "Le grand dictateur" pendant le tournage duquel vous avez reçu des milliers de lettres de menaces de mort, principalement des producteurs d'Hollywood car votre film allait saborder leurs débouchés commerciaux en Allemagne nazie...
Je vous félicite de votre courage face à la commission des affaires anti-américaines de Mac Carthy.
Je vous félicite de votre grand courage face à J.E. Hoover qui se chargea de vous empoisonner la vie autant qu'il le put et de vous ficher comme agitateur communiste avant de profiter d'un de vos voyages en Europe pour vous empêcher de revenir aux U.S.A.
Je vous félicite de votre courage face aux allégations du président Nixon, qui regrettait que les films de Chaplin soient vus par le public américain et qu'une rétrospective de vos films puisse être diffusée à Moscou.
Je suis, dois-je le dire, assez dubitatif quand je visionne "Un roi à New York" où vous présentez ces anti-américains sous un jour assez positif. Surtout quand on constate que le film a été réalisé en 1956, date de l'écrasement sanglant par l'armée rouge des manifestations de Budapest.
Pour en finir avec ces rumeurs selon lesquelles vous seriez communiste, monsieur Chaplin, répondez franchement: que pensez-vous sincèrement des rouges?
Je suis aussi assez troublé par toutes ces rumeurs sur vos aventures amoureuses supposées avec des adolescentes mineures et qui vous ont causé des ennuis en justice Mesdames Dietrich et Garbo ainsi que certaines de vos anciennes compagnes se sont montrées à votre égard plutôt sévères dans leurs mémoires en vous présentant sous le jour d'un satyre pas vraiment drôle dans la vie réelle.
Étiez-vous donc vraiment si porté sur la "chose" ou est ce encore le fameux puritanisme américain qui a frappé?
Enfin, dernière question, l'immense majorité de vos films sont en noir et blanc. Il existe aujourd'hui un processus électronique appelé la "colorisation" qui permet de créer des copies couleurs de tels films. Seriez vous partisan d'une colorisation de votre oeuvre?
Très amicalement ,
G. Lison
REPONSE DE CHARLIE CHAPLIN Manoir de Ban, Novembre 1977 Monsieur, Vous me parlez également d'un système
électronique nommé "colorisation" permettant de donner une dimension
colorée aux films originellement réalisés en noir et blanc.
Permettez-moi une question Monsieur, qu'est-ce que la couleur pour
vous? Si elle repose uniquement sur le fait de proposer un produit
autre qu'en noir et blanc, alors, nous l'avons déjà fait puisque
certains de mes courts-métrages se présentaient sous une tonalité sépia
ou bleutée pour d'autres. Maintenant, si par "couleur", vous entendez
un rendu proche de la réalité, avec ses différentes variantes de
nuances, je ne vois pas en quoi le Vagabond se verrait métamorphosé!
Son costume resterait toujours en noir et blanc! Certes, l'idée
mériterait d'être développée, après tout, malgré ma réticence à
certaines technologies, j'ai tout de même donné une version "sonore" à
"La Ruée vers l'Or"! Donc, à méditer! Pour ce qui est de ma relation avec les
femmes, suis-je obligé ici de livrer ma vie privée? En tous cas sachez
que si, et je pense aux propos de Paulette Goddard, ma vie de couple
n'est effectivement en rien semblable aux gags de mes films, c'est on
ne peut plus logique. "Le Vagabond" est une chose, le travail de
préparation en est une autre, et croyez-moi, la genèse d'un film, ce
n'est pas uniquement un tour de manivelle, aussi, demande-t-on à un
policier de mener une enquête chez lui si le pot de moutarde a disparu?
Quant à mes relations avec certaines jeunes femmes mineures, je vous
invite à lire et relire les journaux, ensuite, à vous de trier le vrai
du faux. Respectueusement!
Votre lettre est bien
vaste et soulève bon nombre de problèmes rencontrés durant mon
existence, aussi, si ma réponse se fait éparse et désordonnée, ou tout
du moins, ne respectant pas l'ordre chronologique de vos écrits, je
vous serais reconnaissant de ne pas m'en tenir rigueur.
Il est
vrai que l'industrie hollywoodienne ne voulait pas déranger le régime
nazi afin de ne pas mettre en danger le marché allemand très rentable,
mais aussi par crainte de rétorsion contre les juifs qui se trouvaient
encore en Allemagne. De plus, si ma mémoire est bonne, Hollywood
continuait d'exporter mes films et des films dans l'Allemagne nazie, et
ce, jusqu'en 1941. Vous comprendrez aisément que s'attaquer à un thème
aussi délicat que la montée du nazisme et les horreurs qui en
découlent, c'est, inéluctablement, ne pas faire l'unanimité. Que ce
soit vis-à-vis de ceux partageant ces idées, ou bien encore, ceux qui
n'osent se dresser contre une telle idéologie, par peur, par crainte!
L'annexion de l'Autriche, puis de la Tchécoslovaquie par Hitler, sans
que personne ne fasse le moindre geste, ça ne vous dérange pas? Je ne
prétends pas que "The Great Dictator" soit doté d'une efficacité
politique, puisqu’en rien il n'a empêché le déroulement de l'Histoire.
Cependant, les menaces et autres réactions virulentes qui m'ont été
adressées vis-à-vis de la conception de ce film ont toujours eu le
mérite de souligner et de me faire prendre conscience que justement, je
m'attaquais à quelque chose qui dérangeait. Vous soulignez l'aspect de
ces réactions pour le moins négatives, mais n'oubliez pas que le
Président Roosevelt était séduit par l'idée de ce projet, voire
impatient de le visionner. J'ose seulement espérer qu'à ce stade, en
raison de sa notoriété mondiale, Chaplin n'était pas devenu un outil
politique, telle une marionnette agitée par des politiciens, en vue de
faire passer leurs idées.
Quant au Maccarthysme, vous n'avez
pas à me féliciter! Certes, avec le recul, je me rends compte que je
suis le seul réalisateur de mon temps qui ait eu le courage d'attaquer
ouvertement à ce fléau (car c'en est un!) Vous n'avez pas à me
féliciter, car toujours avec le recul, et là, je fais référence à "Un
roi à New York", j'aurais pu envisager quelque chose de moins
controversé et de plus commercial afin de toucher un public plus large.
De même, j'aurais pu me montrer plus virulent dans mon attaque.
Voyez-vous, initialement, j'avais dans l'intention de clore le film
avec une séquence d'un avion survolant New York. A l'arrière-plan, la
statue de la Liberté se serait faite de plus en plus petite, telle une
métaphore de la liberté se rétrécissant. Je ne l'ai jamais filmée,
puisque je trouvais le film déjà suffisamment explicite. Pourtant,
après des années, et sa distribution réelle aux États-Unis s’étant
faite sur le tard, je trouve ce film loin d'être anti-américain, du
moins autant qu'annoncé avant même l'achèvement du tournage. Ce qui
n'empêche que sa distribution m'ait causé bon nombre de soucis. De quoi
faire la joie de JE Hoover, ce pantin à qui l'on pense alors qu'il est
incapable de penser par lui-même. Ce pantin ayant orchestré les procès
de paternité avec Joan Berry afin de m'humilier auprès du public
américain.
Il faut dire aussi que ma prétendue adhésion au
Communisme a fortement contribué à cette distribution chaotique.
Voyez-vous, ma pensée politique a été forgée par quatre de mes amis
auxquels je vouais une admiration considérable. Que ce soit Frank
Harris, Max Eastman, Rob Wagner ou Upton Sinclair, tous quatre avaient
épousé les idées socialistes et pensaient que la Révolution russe de
1917 marquerait le début d'une ère nouvelle de liberté et de bonheur
pour les masses. Mais bon, est-ce que le fait d'avoir côtoyé ces
personnes fait de moi un communiste? Est-ce que le fait, dans certains
de mes films, de voir le Vagabond en butte au pouvoir politique et
économique fait de moi un communiste? Voyez-vous, la presse a ce
pouvoir de magnifier le moindre de nos gestes en un événement sous
lequel on est vite, trop vite, catalogué. Ma renommée était telle, que
chacune de mes déclarations faisait les gros titres. Lorsque j'ai
visité l'Union Soviétique en 1921, les médias ne se sont pas privés de
relater l'événement. Les exemples de ma sympathie pour le communisme
pourraient être nombreux. Oui, effectivement, je me suis intéressé à ce
grand pays qu'est la Russie et ses efforts de reconstruction sociale
après le chaos. Et alors? Où est le problème? Si je m'étais intéressé à
la religion musulmane, m'aurait-on taxé de fervent pratiquant des
croyances d'Allah? Non, Monsieur, je n'ai jamais partagé les idées des
Rouges. Mon enfance misérable m'a appris que les pauvres sont des êtres
nobles, mais qu'il n'y a rien de noble à le rester. Pour aller plus
loin, sachez que le capitalisme, basé sur une présomption d'inégalité
financière, doit cependant s'écrouler un jour ou l'autre sous le poids
de sa culpabilité auto destructrice. Je n'ai rien fait pour accélérer
ou accentuer sa chute et ai pris du plaisir pour accroître ma fortune
personnelle et celle de ma famille. Je ne vois pas pourquoi un système
honni ne serait pas exploité tant qu'il a cours. À bien y réfléchir
Monsieur, je ne suis qu'un clown citoyen du monde, et ça, c'est sans
doute au-dessus de la politique.
11 janvier 2006
Réponse à un messgae d'un AMAZIGH
J'ai reçu ce message suite à la publication du discours de SM le roi Mohammed 6 :
HONTE
C`EST UNE HONTE DE TE VOIR PUBLIE CE MESSAGE DANS TON
BLOG, JE SAIS QUE TU ES AN AMAZIGH (HOME LIBRE....) ET INETERNET TA
DONNE CETTE OPPORTUNITE ARRCHE PAR CELUIT QUI CRACHE CE MESSAGE POUR
DES GENERATION MAIS AVEC TA DERNIERE PUBLICATION CONFIRME QUE TU NAI
LOIN D`ETRE AMAZIGH.......
Commentaire :
Il est intéressant de
constater que la liberté d'expression restera d'actualité au Maroc
malgrè les acquis de ces dernières annèes. Editer le discours du roi du
Maroc reste un délit d'opinion qui mérite la sentence capitale aux yeux
d'une partie de notre intelligentsia.
Qu'on le veuille ou non
l'institution royale au maroc reste le moteur de tout changement que ce
soit politique ou économique ou sociale,. Face à cette institution qui
a le mérite d'être dynamique, les partis politique font preuve d'une
inertie maximale, d'un attentisme royale, et enfin d'une multiplication
sans pareil.
Critiquer la publication d'un discours c'est la preuve d'un manque de maturité politique.
Cher Amazigh,
La
liberté d'esprit et de penser c'est publier toutes les opinions,
de les analyser, et de décrypter les points positifs et les points
négatifs.
Ton geste me rappelle les annèes de plomb : BANNIR L'ESPRIT D'ANALYSE.
Le
discours royale publiè est un courage politique que peu de pays
(arabes) osent faire..Recevoir les victimes des annèes de plomb et
avouer que l'état marocain est responsable des sévices subis par les
victimes ne peut s'expliquer que par la volonté de la plus haute
instance du royaume veut le changement. Mais voilà face à cette
volonté, il n'y a pas d'acteur en face capable de suivre le mouvement à
part une frange de la société civile.
J'aurais aimé recevoir de ta
part cher homme libre une analyse du discours et ce que tu reproches
aux initiatives du Roi comme ça on peut avoir un échange profitable à
tout le monde..
Continuez à refuser pour refuser est preuve d'un immobilisme sans pareil..
Merci homme libre pour ton esprit de refus de l'autre.
Aiid Moubarak Saiid
06 janvier 2006
Discours du Roi le 06/01/2006 : Texte intégral
"Louange à Dieu. Prière et salut sur le Prophète, Sa Famille et Ses Compagnons.
Mesdames et Messieurs.
Cher peuple.
Je t'ai fait le serment, cher peuple, de M'adresser à toi au
terme de chaque
étape franchie dans ta marche résolue sur la voie du
progrès, et à
l'amorce de toute nouvelle phase où la mobilisation, la
confiance et l'espoir
sont d'autant plus forts que tu te montres uni
dans l'action, soudé autour
de ton Roi, qui est ton Premier Serviteur.Si Je M'adresse, donc, à toi
aujourd'hui, c'est bien parce que
nous nous trouvons à un
moment décisif constituant une ligne de
démarcation dans notre
parcours historique.Nous faisons, en effet, nos adieux au
demi-siècle qui s'est
écoulé depuis l'indépendance,
avec tous les succès, les revers et les
espérances ayant
accompagné le processus de mise en place d'un Etat
moderne.
C'est le moment aussi où nous nous apprêtons, avec l'aide de
Dieu,
à livrer la bataille du parachèvement de l'édification du Maroc
de l'unité,
de la démocratie et du développement.En évoquant le cinquantenaire
que nous venons de quitter, Nous
n'entendons pas Nous ériger en juge
de l'Histoire, où s'entremêlent
indissociablement l'actif et le passif.
Seuls les historiens sont habilités à évaluer la marche de
l'Histoire
avec l'impartialité et l'objectivité requises, et à l'abri
de toute
considération politique conjoncturelle.Cela ne signifie pas pour
autant que nous devons regarder cette
tranche de l'Histoire
comme un épisode révolu et enterré à tout jamais,
ni que nous en restons
éternellement prisonniers.Nous la considérons plutôt comme
une composante intrinsèque d'un
patrimoine dûment consigné
dans le registre de l'Histoire séculaire de
notre nation. Nous tenons,
en effet, ce que l'Histoire demeure, pour
l'ensemble des Marocains,
un instrument efficace pour connaître le
passé, cerner le présent et
se projeter avec confiance dans l'avenir.C'est dans cette optique et
dans le souci d'en informer
l'opinion publique que Nous avons
décidé de faire publier le Rapport
final de l'Instance Equité et Réconciliation
et l'Etude sur le bilan et
les perspectives d'avenir du développement
humain dans notre pays.A cet égard, outre le devoir de conserver
cette période dans la
mémoire collective de la nation, dans la mesure
où elle fait partie
intégrante de son Histoire, il appartient à chacun de
nous d'en tirer
les enseignements qui s'imposent, afin de se doter des
garanties
nécessaires, pour éviter que certains écarts du passé
ne se
reproduisent et pour combler certaines lacunes antérieures.
Cela dit, ce qui importe le plus, c'est bien de se tourner vers
l'avenir dans une démarche prospective et constructive, apte
à
galvaniser nos énergies pour nous focaliser sur le
règlement des
questions majeures qui préoccupent instamment
notre peuple, afin de
favoriser l'essor et le progrès de notre
pays. Nombreux, en effet, sont les chantiers en cours ou en
perspective, surtout après l'action engagée pour que le train
du
développement humain atteigne sa vitesse de croisière.
Notre dessein, en définitive, est de consolider les fondements
de la société solidaire qui, dans le respect d'un parfait équilibre
et
une totale concomitance entre les droits à exercer et les devoirs
à
assumer, assure à tous ses fils les conditions d'une vie digne
et d'une
citoyenneté responsable. Sans cela, nous
ne saurons être ni à l'écoute
de notre jeunesse, ni en phase avec
les impératifs de notre époque.Au nom des générations
montantes Je dis : trêve d'égoïsme et
d'introversion,
halte au gaspillage de précieuses opportunités et à
l'hémorragie
des ressources englouties dans des combats de chimère.
Il est grand temps de prendre en mains le présent et l'avenir de
nos enfants, car nos jeunes comprendraient mal qu'il n'y ait
pas de
répondant aux aspirations légitimes qui les animent
pour vivre
librement et dignement. Nous ne pourrons,
toutefois, y pourvoir que si
nous consentons à mettre le coeur à l'ouvrage,
prenant le relais des
sacrifices consentis par la génération
de l'Indépendance et de la
Marche Verte.
Il nous faut donc aller résolument de l'avant dans la mise en
oeuvre d'une réforme globale, processus dans lequel il échoit
aux
jeunes générations un rôle central pour la concrétisation
des objectifs
de développement humain, dans un attachement
sans faille à l'identité
nationale, à l'intégrité territoriale et à la monarchie citoyenne.
Cher peuple.
Nous avons entrepris résolument, avec courage et sagesse, de
parachever
le règlement équitable de la question des violations passées
des droits
de l'Homme, dans le cadre d'un processus dont la dynamique
avant-gardiste fut enclenchée au début des années 90 par Notre
vénéré
Père, Sa Majesté le Roi Hassan II, que Dieu sanctifie son âme.
C'est
avec émotion et déférence que Nous nous rappelons encore
comment, du
haut de la tribune parlementaire, à l'occasion de l'ouverture
- Sa
dernière - de la législature d'octobre 1998, le regretté Souverain
insistait sur la nécessité d'une clôture définitive de tous les
dossiers
en suspens.
Cela, disait-Il, afin que le Maroc cesse de traîner une
réputation qui
n'est pas la vérité, ne correspond pas à sa réalité et
ne présente,
pour son avenir, aucune utilité.
Lorsque, par Sa providentielle volonté, Dieu le rappela à Lui,
il Nous est échu le devoir de poursuivre cette mission,
empruntant,
pour cela, un parcours exemplaire, unique en son genre.
Les dossiers épineux ont pu être apurés dans le cadre du principe
du
changement dans la continuité qui caractérise notre régime
monarchique. En successeur de Mon vénéré Père, dépositaire
de cette charge
suprême, Je ne peux que rendre grâces à Dieu
qui nous a permis de mener
cette mission à bonne fin.
Au nom de tout le peuple marocain, J'annonce donc cette heureuse
et
réconfortante nouvelle, en espérant la voir parvenir, par
l'entremise
des Anges du Miséricordieux, à l'âme immaculée de Mon
vénéré
Père et au coeur de toutes les victimes, les personnes ayant
subi
des préjudices et les familles endeuillées, que Nous entourons
assurément de Notre sympathie et de Notre sollicitude.
Tout en nous félicitant des efforts sincères déployés par
l'Instance
Equité et Réconciliation, sa présidence ainsi que ses
membres,
Nous chargeons le Conseil Consultatif des Droits de l'Homme
d'assurer la mise en oeuvre des recommandations de l'Instance.
Nous invitons aussi toutes les autorités publiques à poursuivre leur
collaboration fructueuse avec le Conseil, afin de donner une
illustration
concrète de Notre ferme attachement à la consolidation de
la vérité,
de l'équité et de la réconciliation.
Je suis certain que l'oeuvre de réconciliation sincère que nous
avons accomplie ne signifie pas qu'il faille faire table rase du passé,
car l'histoire est têtue et ne s'oublie pas.
Elle est, en fait, une réponse à l'injonction divine "Absous
d'une belle absolution".
C'est un geste gracieux de pardon collectif, à
même de constituer un
solide pilier de la réforme institutionnelle ,
une réforme profonde susceptible
d'aider notre pays à s'affranchir des
défaillances du passé concernant les
droits politiques et civiques.
Nous aurons ainsi préparé la voie pour accueillir le deuxième
cinquantenaire de l'Indépendance, et partant, nous consacrer
à un
chantier laborieux et déterminant, celui de la promotion des
droits
économiques, sociaux et cultuels, au profit de tous nos
concitoyens, en
particulier ceux qui souffrent des affres de la
pauvreté, de
l'analphabétisme, du chômage et de la marginalisation.
Aussi, eu égard à Notre volonté de concrétiser Notre conception
globale des droits de l'Homme, et à Notre vision stratégique fondée
sur
l'action cohérente et concertée de l'Etat, un Directoire regroupant
un
panel d'éminents penseurs et experts, organisé en un Comité
scientifique et des groupes thématiques, a reçu pour mission d'élaborer
une étude globale sur le bilan de cinquante années de développement
humain et ses perspectives d'avenir.
A cet égard, Nous tenons à rendre hommage à ceux qui ont
supervisé cette importante réalisation, ainsi qu'aux compétences
nationales qui y ont contribué.
Nous espérons aussi que cette étude, avec les apports imaginatifs
qui y ont été investis à titre individuel et collectif, aura un effet
incitatif
qui poussera l'élite, dans la diversité des sensibilités qui
la composent,
à renouer avec son rôle de précurseur balisant la voie du
renouveau
national et favorisant l'émergence d'une pensée stratégique.
Elle permettra, en outre, d'ouvrir un débat pluriel et constructif
sur
des projets sociétaux différenciés et clairs, entre les instances
constitutionnelles, politiques, syndicales et associatives, auxquelles
il incombe comme toujours de donner corps à ces projets et d'en
assurer
la mise en oeuvre conformément à la volonté populaire librement
exprimée.
Mesdames, Messieurs.
Cher peuple.
J'ai jugé bon de focaliser ce discours sur les orientations
d'avenir
qu'il convient de suivre pour parachever la construction de la
citoyenneté digne.
C'est une entreprise qui requiert le renouvellement du pacte
pour
la réalisation du chantier de règne, qui est celui du
développement
humain, ainsi que la mobilisation totale des
potentialités de nos jeunes.
Cela suppose, aussi, de laisser toute latitude aux initiatives
génératrices
de richesses économiques et novatrices dans tous les
domaines
scientifiques et artistiques, à l'intérieur du Maroc comme à
l'extérieur.
Notre but ultime réside dans l'édification d'un Maroc
d'égalité des
chances et de partage des responsabilités.
Nous demeurons attaché à ce que l'Etat déploie tous les efforts
nécessaires à la réalisation de cet objectif, et veillerons également
à
assurer à tous les Marocains les conditions d'une vie digne et décente.
A cet effet, nous menons des actions avec la contribution de
l'Etat
et de l'ensemble des acteurs du secteur privé, de la société
civile,
des corps constitués, des autorités, des individus et des
collectivités.
Pour y parvenir, il n'est d'autre voie pour nous que d'oeuvrer à
l'ancrage des vertus du labeur, de la rectitude et du mérite, et à
la
mise en oeuvre des mécanismes de contrôle, de responsabilisation
et de
transparence, dans le respect de la primauté de la loi et des
valeurs
de citoyenneté agissante.
Nous entendons ainsi maintenir le cap pour conduire le vaisseau
Maroc à bon port et, à force de réformes successives, plus profondes
les unes que les autres, l'arrimer solidement au progrès et à
la
prospérité, dans la sécurité et la stabilité.
Nous veillerons à ce qu'il puisse continuer à voguer dans
l'environnement
international, en toute quiétude et en toute sécurité,
avec
assurance, courage et détermination.
Wassalalou Alaikoum Wa Rahmatou Allah Wa Barakatouh".
04 janvier 2006
Le Maroc de 1000 Partis politiques
" Je hais les indifférents. Pour moi, vivre veut dire prendre parti. Celui qui vit vraiment ne peut pas ne pas être citoyen ou partisan. L'indifférence est apathie, elle est parasitisme, elle est lâcheté, elle n'est pas vie. C'est pourquoi je hais les indifférents." Antonio Gramsci
La santé d'une démocratie se mesure-t-elle par le nombre de partis politiques qui opèrent dans le champ politique? A en croire ce qui se passe au Maroc, la réponse est oui. Le Maroc est le seul pays au monde où chaque semaine un nouveau parti voit le jour, soit par cession d'un autre parti (c'est à 99% le cas) soit par la volonté d'un nombre de personnes généralement ancien militant des partis existants.
Les personnes qui crèent ces partis se croient de nouveaux messis, et critique l'absence de démocratie dans les partis existants, la non implication des masses laborieuses, la main mise d'une oligarchie qui n'a plus envie de quitter les règnes, etc...
Une annèe après ces beaux discours, ces nouveaux messis oublient ces belles paroles et refont la même chose que les autres, à croire qu'une épédémie de la belle parole au départ et de l'oubli s'abat sur la classe politqiue marocaine.
La nouvelle loi sur les partis politiques a eu l'effet d'une viagra politique aui a poussé plus d'un a crée un nouveau parti..
Ce que dit Gramsci devient nul et non avenue dans le cas du Maroc, et l'indifférence devient le mot clef de toute personne qui voit ce tableau noir du champ politique Marocain.
A quand une loi sur la limitation des naissances des partis politqiues...
03 janvier 2006
retour sur le travail de l'Instance Equité et Réconciliation : Chiffres
Le travail de l'IER terminé, l'heure aux chiffres et le coût de la réconciliation qui ne verra jamais le jours à cause du manque de la maturité des uns et des autres :
1- 40 Milliards de centimes est le montant que doit octroyer l'état aux 9280 victimes des annèes de plomb sur 16 000 qui ont demandé réparation sur les préjudices,
2- pour rappel, dans le règne du deu Hassan 2, 100 millirads de centimes ont été distribué à 600 victimes,
3- le budget de fonctionnement de l'IER a été imputé au palais royal et pas au budget de l'état,
4- 23 mois du travail de l'IER a permis de mettre en lumière ce qui suit :
- 89 personnes ont été assassinés pendant leur détention, et on connait maintenat le lieu de leur enterrement,
- 325 personnes ont été tué lors des différentes affrontements avec les forces de l'ordre durant les événements de 65, 81, 84, et 90.
- la mort dans les centres de détention de 173 personnes durant la période de 1956 à 1999,
- 39 personnes ont été tué durant les premières annèes de l'indépendance.
L'IER a remis au sauverain des recommandations pour la réforme de la constitution.
01 janvier 2006
Meilleurs Voeux 2006
Je souhaite à toutes et à tous une annèe 2006 pleines de belles choses pour vous et votre famille.

